Pas sur la bouche
Cinq minutes avec Karine Langlois
Le 2 octobre 2019 | 0 Commentaire(s) | Pas sur la bouche, Portraits & entretiens
LANGLOIS-KARINE-REC-NetBAprès Les vies silencieuses, Raphaël et Dans la peau, Karine Langlois vient de publier son 3e livre et deuxième roman, Pas sur la bouche, l’histoire d’un apprentissage difficile de la féminité, de la perception de son corps et de celui de l’autre.

Karine Langlois, qui êtes-vous ?

C’est la question à laquelle on redoute de répondre, parce que l’on passe sa vie à chercher la réponse, à la construire surtout. Je suis une femme de quarante ans, qui peut donc dire aujourd’hui, au vu de son parcours, ce qui ne varie pas dans son identité. Je suis une femme amoureuse, qui a besoin d’aimer profondément et d’être aimée, je suis une femme dont la sensibilité, si elle a pu être une fragilité à un moment de sa vie, est une force aujourd’hui, qui permet de ressentir de belles émotions, de les partager avec des gens qui lui ressemblent, dans la vie et dans l’écriture. Je suis une femme qui aime les êtres authentiques, la nature et les chiens. Je suis quelqu’un de sincère, dans tout ce que je fais, et c’est ce qui se ressent dans mes livres. J’aime l’idée que cette vérité des émotions soit perçue par mes lecteurs.


Pas sur la bouche relate le parcours d’une jeune fille, y retrouve-t-on certains des thèmes abordés dans Raphaël, votre premier roman ?

« Raphaël » relate le parcours d’un jeune garçon qui, au moment où il cherche sa propre identité, après une relation d’amour fusionnel avec sa maman, doit faire face à l’épreuve de la perte de cet être essentiel à sa vie. Delphine dans « Pas sur la bouche » est un peu plus âgée que Raphaël, on la suit entre 12 et 19 ans. Elle doit elle aussi, à une période de construction importante de soi, faire face à une épreuve douloureuse. Il y a en effet des interrogations proches dans les deux romans : le moment de l’adolescence m’intéresse beaucoup, parce qu’il permet de parler des bouleversements de l’identité, particulièrement des bouleversements du corps qui ne sont pas évidents. La question de la gestion des traumatismes est au cœur de mes livres aussi. Comment reprendre goût à la vie après une épreuve, une perte, comment faire changer son regard sur le monde, y voir de la beauté ? Je pense savoir assez bien entrer dans la psychologie de personnages en souffrance, et qui vont revivre en quelque sorte, car je me fonde, en termes d’émotions, sur mon propre parcours qui est très douloureux (même si ces deux personnages, Raphaël et Delphine, sont totalement fictionnels, je n’ai pas vécu ce qu’ils ont traversé).


Quel est votre rapport à l’écriture ?

Je n’ai pas un rapport addictif à l’écriture comme certains auteurs. Je peux rester plusieurs mois sans écrire. J’ai besoin d’avoir un vrai projet, qui me tient à cœur, pour me lancer dans l’écriture.

Mais l’écriture a été un salut pour moi ; elle m’a permis de prendre confiance en moi, par le sentiment d’avoir réussi quelque chose en publiant à ce jour quatre livres ; elle m’a permis de coucher des émotions sur le papier et de les partager avec ceux qui m’ont fait la joie de me lire. Je crois dans le pouvoir thérapeutique de l’écriture et dans la force des échanges qu’elle permet aussi, d’autant plus depuis que j’ai grâce à mon livre « Dans la peau », rencontré mon mari il y a un an. Il l’a lu, et m’a comprise tout de suite. L’écriture a donc complètement changé ma vie.


Que souhaitez-vous partager avec vos lecteurs ?

J’ai un parcours particulier en ce qui concerne la parution de mes livres, car au tout début, je ne me posais pas la question de ce que je voulais partager avec « mes » lecteurs. Je suis allée vers la publication pour un seul lecteur, un homme pour qui j’écrivais. Et au fur et à mesure des retours de lecture, des échanges en dédicaces, et en voyant quels thèmes je recherchais dans mes romans, j’ai perçu la possibilité de partager des expériences de vie, d’ouvrir la parole des autres, d’ouvrir leur envie d’écrire aussi, de dire des choses moi-même, parfois intimes, et de rencontrer un écho, une compréhension plus grande que je n’aurais pensé – sur des questions d’identité, sur le deuil, sur la féminité, sur la passion amoureuse.

Je souhaite partager ma sensibilité avec mes lecteurs, transmettre des émotions véritables, leur permettre de s’ouvrir eux aussi, de dire les choses et d’aller vers leur propre vérité, d’aller vers eux-mêmes car il n’est rien de pire que de porter un masque et de vivre dans l’artifice et les faux-semblants. Je retrace dans mes livres des parcours de vie, avec des moments douloureux parfois, mais qui amènent à réfléchir. Mon écriture peut parfois être écorchée, violente s’il le faut, ou plus douce et sensuelle. J’essaie de faire en sorte que la littérature ne soit pas un monde parallèle, mais qu’elle ressemble, dans ce qu’elle raconte et dans la manière dont elle le raconte, à la vie. La vraie vie, dans toutes ses composantes : celle du cœur et du corps.

 

Parution du deuxième roman de Karine Langlois
Le 30 septembre 2019 | 0 Commentaire(s) | Non classé, Pas sur la bouche

Après Raphaël, nous sommes heureux de vous présenter le deuxième roman de Karine Langlois : Pas sur la bouche.

Pas sur la bouche COUVEn quatrième de couverture : Delphine est élevée par sa mère et ne connaît pas son père. Elle a grandi à Arles, au sein d’une cité-dortoir, et mène une vie un peu morne qui ne satisfait pas ses rêves d’enfant. Ébranlée par une expérience traumatisante alors qu’elle vient de rentrer au collège, la jeune fille traverse l’adolescence au gré de ses rencontres masculines, et cherche les moyens d’accepter son corps, à la fois troublée et fascinée par le déploiement de ses attributs féminins.

Ce roman sera disponible sous peu et pourra être commandé dans toutes les librairies et librairies en ligne.