Cinq minutes avec Roger Raynal
Le 5 juin 2018 | 0 Commentaire(s) | Et il neigeait sur le Japon, Portraits & entretiens

RogerRaynal-NetBRoger Raynal est originaire du Sud-Ouest de la France, où il réside toujours. Scientifique, professeur de biologie et grand admirateur de la culture japonaise classique, il a toujours été attiré par l’écriture. Après plusieurs ouvrages scolaires et universitaires, Et il neigeait sur le Japon est son premier roman.

Roger Raynal, qui êtes-vous ?

Qui peut, en réalité, répondre à cette question ? Je suis un homme amoureux de la lune, des étoiles et de toutes les histoires qu’elles peuvent nous inspirer lorsqu’elles nous font rêver. Sensible à la beauté des êtres, des choses et des instants, j’ai voulu mieux les connaitre. Je suis donc devenu un scientifique, un chercheur, avant d’être un professeur, mais mon cœur est toujours resté celui d’un amateur de lettres. L’écriture, d’une nécessité, s’est rapidement muée en plaisir, puis en condition impérieuse d’une certaine quiétude de vivre. Je l’ai d’abord cultivée professionnellement, puis en réalisant des traductions, mais je ne suis jamais autant moi même que dans les fictions auxquelles j’essaye d’insuffler un peu de vie.

D’où vous est venue cette belle histoire ?

C’est difficile à dire. Sait-on d’où nous viennent-elles ? Au début, je n’ai que la dernière phrase du roman qui s’imposait en moi. Pendant des années, je n’ai pas osé l’écrire, et le début de l’histoire se construisait tout seul au fil de mes rêveries mélancoliques. N’ayant jamais été des hommes qui plaisent aux femmes, j’ai voulu écrire l’histoire d’amour, douce, délicate et désespérée que j’aurai rêvé de vivre dans ma jeunesse. J’ai voulu un texte empreint de ce que l’on appelle au Japon mono no aware, la douce mélancolie des choses. J’ai commencé à écrire sans plan défini, et le roman s’est construit de lui-même au fil des jours. Mon seul repère, c’était sa dernière phrase. Toutes les pièces se sont agencées au fil des pages où j’ai voulu rendre hommage aux auteurs, européens ou japonais, qui m’ont ébloui de leurs talents.

Comment présenteriez-vous votre style aux lecteurs ?

Si je résume ce qu’en ont dit mes lectrices, je dirais que j’aime exprimer les nuances, la délicatesse… Avec un style qui joue avec les phrases longues et ne dédaigne pas un vocabulaire parfois soutenu, au service de la description des sentiments. J’aime à décrire les douceurs des élans du cœur, les moments où le monde s’emplit de beauté, même pour une seule seconde… J’accorde une grande importance à la musicalité de la phrase, comme si mes textes devaient être dits.

Pourriez-vous nous parle de votre lien avec le Japon ?

Tout a commencé par un roman, « Le pavillon d’or », de Mishima, qui était au programme de ma classe en français, en classe de math sup. J’ai été frappé par l’auteur et l’histoire, engageant de passionnantes discussions avec ma professeur de l’époque, à qui je dois beaucoup. J’ai lu à ce moment d’autres romans d’auteurs japonais, afin de comparer cette œuvre avec d’autres, et de mieux la comprendre. Puis s’ensuivit une longue éclipse de vingt ans où les nécessités de la vie me tinrent un peu éloigné de l’écriture. Je commençais toutefois, comme un simple exercice intellectuel, l’apprentissage du japonais (dans laquelle je n’ai hélas guère progressé). Enfin, il y a quelques années, je pus faire le voyage dont je rêvais, et je passais deux semaines merveilleuses à Tokyo. Ce fut une révélation esthétique et artistique. Au retour, je commençais à écrire et à lire les auteurs classiques, comme Kawabata et Tanizaki, et Mishima bien entendu, dont je lus les principaux ouvrages. J’étudiais également l’histoire du Japon, ainsi que sa philosophie et ses auteurs plus anciens, comme Jippensha Ikku ou des poètes comme Soseki et Kafu. Je découvris aussi les écrivains contemporains comme Keigo Igashino ou Yoko Ogawa, et des éléments beaucoup moins « culturels », mais très amusants, comme les groupes de J. pop ou les manga d’Akira Toriyama…

Le Japon est pour moi une terre d’inspiration. Une civilisation différente, moderne sans être occidentale. J’ai déjà réfléchi à deux prochains romans et un recueil de nouvelles qui s’y dérouleront, à des époques variées, et j’ai prévu d’y retourner dans les années à venir.

 

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