Cinq minutes avec Naomi Ajavon
Le 25 novembre 2014 | 0 Commentaire(s) | La quête d'Amy, Portraits & entretiens

Naomi Ajavon-Naomi Ajavon tient depuis plusieurs années le site La croisée des plumes, destiné à la littérature togolaise. Elle s’est lancée à son tour dans l’écriture, avec La quête d’Amy, un roman qui se déroule en France mais fortement ancré dans ses origines et son pays natal.


Naomi, en quelques mots, qui êtes-vous ?

En quelques mots ? J’ai suivi des études des Sciences du Langage à l’Université Stendhal de Grenoble, employée dans un hypermarché et… une maman ! (rires)


La quête d’Amy est votre premier roman, comment êtes-vous venue vers l’écriture ? Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?

Je suis venue à l’écriture par une envie de connaître les écrivains de mon pays natal, le Togo. J’ai donc créé en 2012 une plateforme où j’ai essayé de regrouper les auteurs, et où les amoureux du livre comme moi, partagent leurs découvertes en matière d’art et de littérature. Puis l’idée m’est naturellement venue de mettre les mots sur des choses qui, jusque-là, étaient enfouies en moi. Ces choses qui, pour certains, à force d’en parler, deviennent une routine, une normalité dans notre société actuelle alors que plus d’une en souffre. « Les paroles s’envolent et les écrits restent », dit-on.

Les premières difficultés étaient d’écrire de telle sorte que tout le monde puisse me comprendre, quelle que soit sa culture. Un pari gagné !


L’histoire d’Amy n’est pas anodine et ne laisse pas les lecteurs indifférents, considérez-vous votre roman comme engagé ?

C’est un roman engagé, oui. Vous savez, l’histoire d’Amy c’est l’histoire d’une multitude de femmes. Elle montre que nous avons négligé l’héritage, ce que nos parents — nos grand-mères et mères plus précisément — nous ont laissé. Ces dernières ont œuvré pour que nous puissions mieux vivre aujourd’hui, mais nous régressons par peur surtout du « qu’en dira-t-on ? ». En France, tous les deux jours et demi, une femme meurt sous la violence de son compagnon. Et ces violences ne sont pas que physiques. Vous imaginez un peu ce qu’il en sera en Afrique où à l’heure actuelle, on reconnait à peine que la femme a un droit ? Quoi qu’il en soit, j’estime que toute femme a besoin de savoir à quoi elle s’engage dans une relation et a le droit de dire NON quand cela ne va pas. Nous devons arrêter de subir, notre vie en dépend. Je m’engage à en parler pour que ces faits, d’apparence banale, cessent de détruire les vies humaines.


Le roman est très bien accueilli, envisagez-vous une suite, d’autres projets ?

Une suite pour Amy ? J’y pense de plus en plus. Dans tous les cas, je promets de donner le meilleur de moi-même dans mon prochain roman.


Merci à Naomi Ajavon
Pour aller plus loin : http://www.naomi-ajavon.com/ et http://www.lacroiseedesplumes.com/


Présentation de La quête d’Amy, ed. Rémanence, coll. Regards


LAQUETEDAMY-uneÉlevée et choyée par Dada, sa grand-mère, la petite Amy vit une enfance heureuse au Togo. Sa vie bascule quand, suite au décès de Dada, elle doit rejoindre ses parents installés en France. La jeune fille s’adapte facilement à son nouveau pays, mais pourquoi un tel désir d’indépendance et cette quête éperdue d’amour ?
Retraçant un parcours difficile et une histoire pleine d’amertume, La Quête d’Amy est un roman engagé et émouvant qui montre comment des faits encore ordinaires, peuvent, littéralement, détruire des âmes innocentes.


« J’ai lu ce roman d’une traite, il m’a fascinée depuis les premières pages. Naomi Ajavon, l’auteure, nous entraîne avec douceur et grâce à travers différents sujets qui sont douloureux à vivre pour Amy. Elle retrace la vie d’Amy pour nous faire comprendre que nos blessures nous rendent plus fortes et qu’en gardant la force en soi d’avancer, il est possible de se relever, même après des trahisons les plus destructrices.» Blog Bouquiner.ch

« Le roman] narre, singulièrement et universellement pourrait-on dire, les expériences malheureuses d’une jeune fille, emprisonnée par la loi trop dure de son père, puis trahie, plus tard, par l’homme qu’elle aimait. Johan, Togolais comme elle, profitera en effet des « papiers » d’Amy alors qu’il est déjà marié et père, au Togo. Cette jeunesse meurtrie permettra de dresser le portrait paradoxal d’une jeune fille venant d’un milieu relativement privilégié, mais manquant cruellement de protection, une jeune fille décidée, arrachant sa liberté, tout en étant ironiquement rattrapée par le sort. […] Ce roman singulier par rapport à d’autres romans dits de la migration est certes un affranchissement vis-à-vis de ces codes-là, mais un affranchissement peut-être et surtout par le roman et le pouvoir de la littérature. » La plume Francophone

La quête d’Amy, 156 pages, papier 16 € – numérique 4.99 €
Voir la page du livre


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