Portrait de Annick Boisset dans SMH
Le 6 août 2017 | 0 Commentaire(s) | Les boutons de Jéricho, Portraits & entretiens, Presse

itv annick boisset

Texte paru dans la magazine de la ville de Saint-Martin d’Hères et reproduit dans son intégralité ci-dessous

Elle a trente-six ans. Elle est maman de deux jeunes enfants âgés de trois ans et demi et quatre mois.  Elle a tout d’une femme sûre de ses choix de vie, épanouie, libre et affirmée. Élevée dans une famille  de grandes lectrices, avec une tante artiste peintre,  Annick Boisset a baigné dans un univers culturel riche qui a  sans nul doute éveillé sa sensibilité pour les arts et lui a donné  la curiosité de découvrir. Ce n’est donc pas un hasard si elle a  tracé sa voie professionnelle dans le spectacle vivant. Co-dirigeante de la compagnie de danse contemporaine Le  grand jeté, en Bourgogne, et co-organisatrice du festival Cluny  danse, en Bourgogne également, Annick Boisset est aussi écrivaine. Elle vient tout juste de publier son premier roman, Les boutons de Jéricho, aux éditions de la Rémanence, un éditeur indépendant qu’elle tient d’autant plus à soutenir « que dans cette profession il est difficile de tenir face aux géants ».

L’attrait de la jeune femme pour les mots remonte à loin.

« J’ai toujours eu un fort imaginaire, même enfant. J’aimais raconter des histoires que j’inventais. J’ai gardé ce penchant à l’âge adulte, mais les histoires ne sont plus les mêmes. »

Féministe mâtinée d’anticonformisme, en  lecture comme en spectacle, elle aime « les choses qui dérangent, font réfléchir», à l’image de Hervé Guibert, Angelica Liddell ou encore Gisèle Vienne, des auteurs et metteurs en scène qu’elle affectionne particulièrement, et se garde bien de prétendre égaler.

Quand elle s’adonne au plaisir de l’écriture, la jeune femme se nourrit des choses de la vie, se laisse guider par l’humain, sa complexité, « les forces et les faiblesses qui le gouvernent ».

Ainsi, dans Les boutons de Jéricho, en interrogeant les comportements et le libre arbitre, l’auteure convie le lecteur à pénétrer dans l’intimité la plus profonde des personnages et les rapports qu’ils entretiennent, la perception qu’ils peuvent avoir – ou ne pas avoir – les uns des autres, la différence… Sans jugement et avec bienveillance, elle porte un regard sur la prostitution et l’addiction qu’elle peut entraîner, l’adultère, l’homosexualité. Le racisme aussi quand, au lendemain de l’attentat de Charlie Hebdo, l’un des personnages, Nassima, confie à sa compagne qu’elle a l’impression « d’avoir les boutons de Jéricho », cette maladie parasitaire visible sur la peau. « Elle ne peut cacher ses origines maghrébines et les gens qu’elle croise lui renvoient ce qu’elle est… »

Aujourd’hui, Annick sait que certains de ses manuscrits resteront endormis dans ses tiroirs, mais elle sait aussi qu’elle a l’écriture chevillée au corps. D’ailleurs, un deuxième roman est déjà en gestation. « Avec mes deux enfants en bas âge, il m’est difficile de m’aménager du temps, alors, comme pour le précédent, je me donne trois ans pour l’écrire. »

Un de ses rêves les plus fous ? « Être écrivaine à temps plein ! Malheureusement il y a peu d’élus. » Mais qui sait ?

En attendant de pouvoir s’octroyer plus de temps par le biais de résidences d’écriture, elle continue à noircir des pages… L’être humain, sa complexité et son ambiguïté sont une source d’inspiration intarissable.

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NP

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