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Cinq minutes avec Christelle Angano
Le 20 mars 2019 | 0 Commentaire(s) | De Vous à Moi, Le cabanon jaune, Portraits & entretiens

Christelle-ConvertImage-ConvertImageAprès une enfance et une adolescence itinérantes, Christelle Angano vit aujourd’hui sur la côte normande. Elle est l’auteur de plusieurs romans et ouvrages, dont De vous à moi (Rémanence, 2015) et Le cabanon jaune (Rémanence, 2016). Les fleurs du lac, son 3e roman, vient de paraître. Il se déroule en Éthiopie.


Christelle, qui êtes-vous ?

Qui je suis ? Qui est Christelle Angano ? En fait, je la découvre un peu plus chaque jour… En effet, Angano est un pseudo… Comme une bouffée de liberté, une respiration. C’est tout à fait grisant, comme peut l’être une promenade sur une plage normande. Bref, je suis… en devenir. Je suis ce que mes écrits mais aussi ce que mes lecteurs font de moi, au fil du temps. Une rencontre sans cesse renouvelée.

Quand je ne suis pas Angano, je suis professeur de français en collège. Et j’adore ça. Pourtant c’est un métier aussi passionnant que difficile. Heureusement, je peux changer d’un coup de stylo magique quand j’ai besoin de me couper de mon « quotidien » pour laisser libre cours à mon imagination, à ma créativité.


Les fleurs du lac n’est pas votre premier livre… Comment avez-vous commencé à écrire ? Qu’écrivez-vous ?

Les fleurs du lac est mon troisième roman, c’est aussi mon septième ouvrage. J’ai rencontré l’écriture tardivement, il y a une dizaine d’années. Mon premier livre, autoédité, s’intitulait Itinerrances. Recueil de nouvelles poétiques, préfacé par Philippe Grimbert, cet ouvrage est dédié à Juluan, mon fils disparu. L’écriture avait alors pour vocation d’être « antalgique ». J’ai découvert ainsi la « magie » de l’écriture : chaque lecteur, en lisant le prénom de mon fils, le faisait un petit peu exister. Cela m’a apaisée et Angano a pu naître.

Un autre ouvrage, cette fois édité à La Rémanence a permis à la « magie » de continuer : De Vous à Moi. Cet ouvrage autobiographique a été une belle expérience et le fait qu’il ait été retenu pour le prix Handilivre m’a beaucoup émue.

Mes romans quant à eux, nous emmènent en voyage. Le Maroc pour l’un, la Polynésie française et l’Irlande pour l’autre et enfin, l’Éthiopie pour le dernier. À part le Maroc et l’Irlande que je ne connais pas, je décris des lieux que j’ai connus, où j’ai vécu. Disons que je continue de voyager, mais à travers l’écriture. ce dépaysement me permet de travailler sur les atmosphères, de retrouver des paysages aimés, d’en rêver d’autres.

D’ailleurs, Angano était déjà un clin d’œil à l’Éthiopie car avec la liaison du L de mon prénom, nous arrivons à Langano, lieu chéri de mon adolescence, comme un jardin secret.


Vous avez choisi d’aborder un sujet difficile, et qui, pourrait-on penser « ne vous concerne pas ». Pourriez-vous nous expliquer pourquoi ?

En effet, Les fleurs du lac, ont une autre vocation que  de « promener » mes lecteurs et de les dépayser. Avec cet ouvrage, j’aborde le thème, si sensible, de l’excision. C’est une promesse faite à des amies Africaines. Les rejoindre dans leur combat, apporter ma contribution à leur élan, si courageux, si magnifique. L’excision me concerne, en tant que femme, en tant qu’humain. Comment rester indifférente et insensible ? Cela m’était impossible. J’avais besoin d’agir. La vraie difficulté était d’écrire un ouvrage qui traite d’une coutume que j’abhorre en la situant dans un pays que j’aime infiniment. Parler de l’intimité des femmes tout en les préservant, sans les choquer, si possible, délicatement. Au vu des premiers retours, je crois pouvoir dire que le pari est « tenu ».  Peut-être, en fin de compte, peut-on dire que Les fleurs du lac est un ouvrage « engagé »parce que militant. Peut-être… Et même si ce n’est pas bien important, j’en suis très fière.


Qu’est-ce qui caractérise vos écrits ? Comment abordez-vous l’écriture, d’une façon générale ?

Je crois que j’écris pour « créer du lien », comme le renard du Petit Prince. Mes textes sont généralement courts, et j’aime qu’ils soient empreints d’une certaine poésie. J’aime aussi qu’ils soient accessibles, que les mots soient justes mais simples. Apprivoiser les lecteurs, même les plus réticents… Je me souviens d’avoir visité le « gueuloir » de Flaubert, un  auteur que j’aime particulièrement. Aujourd’hui, je comprends ce besoin qu’il avait, mais aussi la frustration que l’on peut éprouver lorsque l’on ne trouve pas le bon mot. Ainsi, j’ai dû apprendre à « prendre mon temps », dixit un auteur-ami qui s’amuse parfois de mon impatience.

De la musique avant toute chose, ce vers de Paul Verlaine a toujours résonné en moi. Ainsi, j’ai besoin de lire mes textes à haute voix, pour qu’ils sonnent, que mon texte soit mélodieux. Dans mon premier roman, Une sonate et la dame de Fécamp, je mets en scène une violoniste, qui, pour une raison que l’on découvre à la fin, décide de mettre ses émotions en musique.

Enfin, il m’arrive également de prêter ma plume à d’autres, en mal de mots. Ainsi, Mémoire de Babouchka, un ouvrage qui a permis à une rescapée des camps, madame Nina Michel, de raconter son enfance, la guerre et les camps, à ses enfants… Quelle expérience et quelle rencontre ! Quel cadeau aussi que cette confiance et cette intimité née de ces entretiens. Encore de la magie et du partage.

L’histoire d’une vie

MESECRIVAINS-couv-UNECe livre, c’est donc d’abord l’histoire d’une vie. Mais c’est aussi, et surtout, le déroulement d’une vie parsemée d’histoires, marquée par une multitude de routes aux traces enfouies. De fait, les chemins apparaissent, les voies s’ouvrent. La voix se libère, résonne, raisonne, se pose, se dépose, s’expose, s’impose pour venir défricher la mémoire, en exhumer les rémanences, en mettre à jour les diverses strates, les couches sédimentées, et ce jusqu’à devenir « l’archéologue de son propre passé ».

Extrait de la chronique sur Mes écrivains par Autofiction.org
Une parfaite maîtrise de l’écriture

ONESTBIENPEU-UneSur le mode de la « nouvelle », ce recueil présente 16 « histoires », mettant en scène un ou plusieurs personnages. Il s’agit toujours d’individus banals, de situations ordinaires, mais qui nous ouvrent une fenêtre sur un genre de « comédie humaine » moderne. On y découvre – à un moment ou un autre – un prétexte immédiat, parfois ancien, pour s’identifier à une situation, se souvenir d’une autre, ranimer un sentiment, une perception, une sensation, une bref instant de vie parfois, tout simplement. […] C’est avec une parfaite maîtrise de l’écriture, un sens du détail faussement simple et anodin que l’auteur parvient admirablement à réussir parfaitement son premier recueil.

Extrait de la chronique sur On est bien peu de chose par Livreslecturescritiques (Masse Critique)

 

Un style très caractéristique

ONESTBIENPEU-UneQu’ont en commun ces seize histoires dont la longueur excède rarement neuf ou dix pages? Un certain regard? Une observation acribique de nos mœurs modernes? Oui, certainement, mais aussi un style très caractéristique. Chacune de ces nouvelles met en scène un personnage banal, voire anodin, quelqu’un comme vous et moi qui pourrait avoir l’envie de lire ce recueil, cette critique sur Babelio. Et, toujours, malgré cette banalité malgré le manque évident d’aventure, de suspense, ce personnage est si finement décrit qu’il prend vie à nos yeux, que l’on finit par entendre sa voix, sentir son cœur qui bat.

Extrait du commentaire Babelio sur On est bien peu de chose par VentreBleu
Et il neigait sur le Japon remporte le prix Lions Club PACA
Le 11 février 2019 | 0 Commentaire(s) | Et il neigeait sur le Japon, Prix littéraires

prixlittéraire_lionsclubpaca_etilneigeaitsurlejapon_v5C’est avec une grande joie que nous vous annonçons que le roman Et il neigeait sur le Japon a remporté le Prix Lion Club PACA et est en course pour le prix Lions Club national ! Félicitations à Roger Raynal.

 

Un cadeau de l’âme

ONESTBIENPEU-UneLa nouvelle, cet art majeur de l’instant, Béatrice Rieussec en a une maîtrise telle que la lecture de « On est bien peu de chose » est un cadeau à l’âme de qui se donne non la peine mais la joie d’observer le quotidien et d’en saisir les instants qui transforment ou ponctuent le cours du temps.  En quelques 133 pages, elle nous distille 16 nouvelles qui jettent sur notre monde un regard tendre, lucide, un tantinet décalé mais tellement vrai ! […]  Ce livre, petit par sa taille, possède le panache d’une œuvre tout droit sortie d’un grand cœur, celui de l’autrice dont on devine la tendresse portée au présent, à l’inattendu et aux personnages qui tricotent ou détricotent la vie que tout un chacun peut observer chez lui et autour de lui.

Extrait de la chronique sur On est bien peu de chose par FrConstant
Un voyage littéraire

Et il neigeait sur le JaponLe style de l’auteur m’a frappé dès les premières pages : très recherché, poétique, puisant de nombreuses références dans la littérature et dans ce qu’elle a de plus attirant. […] Une lecture plaisir, un voyage littéraire et dans la complexité du sentiment amoureux.

Extrait de la chronique sur Et il neigeait sur le Japon par le blog Les lectures d’Aydora
Cinq minutes avec Arnaud Genon
Le 24 janvier 2019 | 0 Commentaire(s) | Mes écrivains, Portraits & entretiens, Tu vivras toujours

Arnaud GenonEnseignant-chercheur, Arnaud Genon travaille depuis plusieurs années sur l’œuvre d’Hervé Guibert et plus généralement sur la littérature de soi, l’autofiction et la littérature contemporaine. Auteur de plusieurs ouvrages et articles universitaires, Tu vivras toujours est son premier écrit destiné à un plus large public, et Mes écrivains vient de paraître, les deux édités aux éditions de la Rémanence.


Arnaud Genon, qui êtes-vous ?

Qui suis-je ? Je crois qu’on écrit pour le savoir et qu’en fait, on ne le sait jamais vraiment. C’est probablement pour cela que j’écris, que je m’écris, pour tenter de répondre à votre question qui est aussi celle que chacun se pose, j’imagine, à un moment de sa vie. S’écrire, ce n’est pas se contempler, s’admirer, ni même s’aimer (comme beaucoup le croient), c’est se chercher alors même que l’on sait la quête illusoire. Alors, n’arrivant pas vraiment à dire qui l’on est, on se définit en fonctions de critères sociaux, professionnels, familiaux… Qui suis-je donc ? Eh bien un père de famille de 43 ans, un époux, un professeur, un chercheur, un lecteur, un critique, un écrivain. J’enseigne les lettres et la philosophie en Allemagne, à l’École Européenne de Karlsruhe, après avoir enseigné au Maroc et en France.


Vous écrivez à propos de votre dernier ouvrage (Mes écrivains) que ce livre constitue un trait d’union entre vos deux pratiques d’écriture (« écrire sur les autres, écrire sur soi »). Comment êtes-vous passé de l’une à l’autre ? Est-ce comme on pourrait le supposer plus « difficile » d’écrire sur soi ?

Adolescent, je le raconte dans Mes écrivains, je tenais un journal, une sorte de carnet dans lequel je consignais des citations, je recopiais des paroles de chansons, j’insérais des notes dans lesquelles je relatais les moments importants de ma vie. Ces écrits sont restés secrets. Puis arrivé à l’Université, j’ai dû me livrer à un autre type d’écriture, plus académique, qui est l’écriture sur : sur les textes que l’on étudie, sur les auteurs que l’on lit. Puis vient le temps des mémoires, puis de la thèse qui devient un livre, qui vous amène à publier des articles, à faire des conférences, à publier d’autres essais… En y pensant, c’est là que j’ai appris à écrire (pour peu que l’écriture s’apprenne), tout au moins, c’est à travers cette écriture-là que s’est façonné mon geste d’écriture. Et puis un jour, un écrivain sur qui j’avais écrit, m’a demandé d’écrire à mon tour un texte qui ne serait pas comme ceux auxquels j’étais habitué. Il dirigeait un numéro de la revue Nejma consacré à Jean Genet et il me demanda d’y participer en écrivant non pas un texte sur Jean Genet mais pour Jean Genet. Je lui avais envoyé une nouvelle intitulée « M’abandonner sera mon offrande ». Cet abandon, ce fut celui de dire je, de parler de moi, de la mort de ma mère alors que j’étais enfant. Cet abandon était en même temps très compliqué et très simple, il fallait laisser les mots venir, accepter qu’ils viennent, oser lever un voile. Il ne fallait plus chercher dans les livres des autres, il fallait soi-même devenir un livre et l’offrir au regard des autres… Cet écrivain, c’est Abdellah Taïa. C’est en grande partie grâce à lui que j’ai commencé à écrire des livres qui ne soient pas des études littéraires, des essais. Il est évidemment un de Mes écrivains. Non pas parce qu’il m’a fait écrire, mais parce que je le considère comme un grand écrivain et cinéaste.


En tant que spécialiste universitaire, pourriez-vous nous expliquer comment vous percevez et appréhendez l’écriture autobiographique (en tant que lecteur, en tant qu’auteur) ?

L’écriture autobiographique est celle qui me touche le plus, celle qui me parle le plus. C’est pour cela que j’ai choisi de l’étudier. J’ai eu la chance, dans mon parcours, de lire des auteurs qui avaient cette faculté de donner l’impression qu’ils vous parlaient à vous qui teniez entre vos mains leurs livres. Hervé Guibert, le premier, m’a fait ressentir cette proximité et ce malaise, cette impression un peu gênante mais – avouons-le – terriblement excitante d’avoir la sensation d’observer derrière une jalousie la vie de l’écrivain qui se raconte devant vous. Mais cette première étape franchie, on devient rapidement comme un ami, le confident de celui qui se livre. Je n’ai jamais rencontré Hervé Guibert, tout au moins, c’est ce que je raconte dans Mes écrivains, je ne l’ai pas connu de son vivant. Et pourtant, j’ai le sentiment d’être son ami (cela ne veut pas dire que nous aurions pu l’être ou que nous le serions s’il était encore vivant), en tout cas, il me semble le connaître comme un ami, peut-être mieux encore. Ce sentiment, je l’ai aujourd’hui avec un autre écrivain dont les écrits me touchent beaucoup. Il s’appelle Laurent Herrou.

J’admire Flaubert, son style, je le tiens pour le plus grand écrivain français. J’ai lu tous ses romans, je connais par cœur certaines phrases de Madame Bovary. J’ai lu sur lui deux épaisses biographies, plusieurs articles universitaires et pourtant, j’ai l’impression de ne pas savoir grand-chose de lui, comme s’il ne m’avait rien donné

À travers ces deux exemples, qui ne sont que deux anecdotes, il y a peut-être toute une « théorie » (ma « théorie », tout au moins) de la littérature autobiographique et de son pouvoir.


Avez-vous d’autres projets ? Seriez-vous tenté de vous essayer à la fiction ?

Je ne me pose pas la question en termes de fiction ou d’autobiographie, je ne pense pas que les deux s’opposent fondamentalement, en plus. On peut être beaucoup plus authentique, beaucoup plus vrai, plus proche de soi dans un roman que dans une autobiographie. En tout cas, je ne souhaite pas écrire de la fiction pour écrire de la fiction, il faut qu’il y ait un enjeu et, à l’heure où j’écris ces lignes, il n’y en a pas, pour moi, à écrire un texte fictionnel.

Des projets oui, j’en ai à ne plus savoir qu’en faire, mais le temps manque. J’ai écrit un livre à la frontière de l’essai et de l’autofiction sur la photographie où je réfléchis à ce que nous disent les images de notre passé. Il s’intitule Les indices de l’oubli et sortira au printemps aux éditions de La Reine blanche. J’ai commencé un livre en juin dernier sur Facebook. J’avais décidé de ne plus consulter ma page pendant plusieurs semaines et de consacrer ce temps perdu à l’écriture d’un livre qui parlerait justement de Facebook, de ce qu’on y fait, de ce qu’on y cherche. C’est une autofiction, en fait, et je vais peut-être m’y remettre. J’ai aussi en tête un livre sur la paternité… De ces projets, de leur réalisation, les Éditions de la Rémanence seront les premières informées.

 

Une réussite émouvante

DEVANTLESEUIL-une (2)Devant le seuil, une lecture qui se grave au cœur. Un texte qu’on tourne et retourne en tête […] L’écriture est alerte, poétique, rythmée, mélodieuse. Le sujet est pesant, grave, tristement terre-à-terre et angoissant. […] Philippe Godet réalise la prouesse de ne jamais banaliser, normaliser cette oppressante déstructuration humaine qu’impose la maladie. Mais il raconte ce combat avec des mots de poésie, de tendresse, d’humanité profonde. […] Ce livre, sans conteste une réussite émouvante, atteint parfaitement son objectif : se mettre au service de la recherche de sens à donner à nos vies chaotiques.

Extrait de la chronique sur Devant le seuil par le blog FrConstant
Irrésistible !

TRACES-couv-uneCe livre nous emporte dans un tourbillon irraisonné de sentiments, dans une histoire de passion incontrôlable. Irrésistible !

Extrait de l’avis sur Traces de craie par Aurelivres57